Cours de Hongrois au Lycée Jacques Decour : session 2020 – 2021

A partir du 9 Septembre 2020, au Lycée Jacques Decour 12 Avenue Trudaine, 75009 Paris, des Cours de Hongrois sont proposés, Niveaux Débutant & Confirmé. La formation permet de passer cette langue au baccalauréat. Rendez-vous salle C103 dès 14h30 ! Contact au 01 55 07 80 40 ou par email à iris.stollsteiner@ac-paris.fr

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Cours de hongrois à distance

Le confinement d’avril et mai 2020 a permis de tester l’enseignement du hongrois à distance avec les élèves du lycée. Quoique cette option n’ait pas encore été validée par l’Éducation Nationale, il peut être intéressant de la développer pour les élèves ne pouvant se rendre au lycée.

Si vous êtes intéressés par cette option, veuillez nous le faire savoir en envoyant un mail à:

The lockdown of april and may 2020 has showed the feasability of distance teaching of hungarian language. If you are interested, please let me know by sending an Email to the above address.

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Apprenons le hongrois en nous amusant!

On peut accéder sur le site de l’institut Hongrois (Balassi Intezet) à une série de supports pédagogiques développés sur LearningApps par une enseignante de hongrois à l’Inalco, Ildikó Lőrinsky.

Cliquez sur les titres pour accéder aux applications:

Allatnevek (noms d’animaux)

Igek (Verbes)

Közmondások (Proverbes)

Magánhangzók (Voyelles)

Népnevek (Noms de peuples)

Szinnevek (noms de couleurs)

Szleng (Argot)

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La Hongrie après Trianon : cent ans de solitude ?

« Les gens autour de moi se cherchaient des raisons d’espérer à la fois dans le passé qu’ils situaient loin à l’Est et dans celui plus proche qu’ils avaient vécu dans cette Europe centrale, en dominateurs, jusqu’avant le Traité de Trianon. Était-ce dû au désir de rester eux-mêmes entre deux mondes ? De survivre envers et contre tout ? Si oui, c’est qu’ils avaient l’ambition de s’assurer un destin à part, dont on pourrait dire avec le poète Ady que ce serait « un beau destin» : Szép, magyar sors. »

A. Sauvageot, Souvenirs de ma vie hongroise, 1988.

Signé il y a tout juste 100 ans, le 4 juin 1920, le traité de Trianon reste pour les Hongrois, avec la défaite de Mohács en 1526, le plus grand traumatisme historique du pays : dans un sondage réalisé à l’occasion du centenaire, 85% des répondants considéraient le traité comme « la plus grande tragédie » nationale. A la fin de la première guerre mondiale, dans le cadre de la dislocation de l’empire austro-hongrois consécutive à la défaite des puissances centrales, le traité ampute la Hongrie des deux tiers de son territoire – environ un tiers de sa population magyarophone se retrouve en dehors des frontières.

On peine à trouver dans l’histoire française une humiliation équivalente : la déportation des Acadiens, la vente de la Louisiane sont oubliées de presque tous ; l’indépendance de l’Algérie, comme l’ensemble de l’empire colonial français, n’évoque guère de nostalgie dans l’Hexagone. Quant aux communautés francophones en Suisse ou en Belgique, elles ne soulèvent aucune velléité irrédentiste[1]. L’Alsace-Lorraine était une province acquise relativement tardivement (sous le règne de Louis XIV) et ne représentait qu’une fraction modeste du territoire. Surtout, elle est restée moins de 50 ans hors du giron national.

Pourquoi cet événement reste-t-il gravé dans la conscience nationale hongroise et comment expliquer l’extrême sévérité des conditions imposées au vaincu ?

De la Sainte-Ligue à la Sainte-Alliance : sous l’hégémonie germanique

Un bref rappel du contexte historique s’impose : lorsque les Turcs sont chassés de Hongrie par les armées de la Sainte-Ligue, à la fin du XVIIe siècle, la Couronne hongroise échoit aux Habsbourg, archiducs d’Autriche et empereurs du Saint-Empire romain germanique. L’administration autrichienne se heurte aux pans de Hongrie qui jouissaient d’une relative autonomie sous la houlette ottomane, comme la principauté de Transylvanie : son prince, François II Rakóczi, profite que les autrichiens combattent la France à l’ouest (guerre de Succession d’Espagne) pour se rebeller ouvertement en 1703 et n’est vaincu que huit ans plus tard. Une forme de compromis finit par être trouvée avec l’aristocratie hongroise[2]. En 1848, la vague de révolutions européennes qu’on a appelé printemps des peuples déferle dans l’Empire autrichien[3], sous l’impulsion du renversement de la monarchie en France. La révolution hongroise de 1848 perdure jusqu’en 1849, écrasée sous le coup de la Sainte-Alliance : celle créée après la défaite de Napoléon par les puissance monarchistes (Autriche, Russie, Prusse) pour préserver le statu quo en Europe.

L’épineuse question des minorités

Dès 1848, la question des minorités apparaît avec acuité comme inséparable de la lutte hongroise pour l’indépendance. Tensions ethniques en Transylvanie, vacillement serbe et slovaque et surtout, rébellion croate en faveur de l’Autriche : une indépendance hongroise fondée sur l’idée d’Etat-nation implique de réévaluer ses rapports avec les minorités qui l’entourent. Or, sur ce point, la révolution hongroise est ambiguë. Kossuth dépend politiquement de la noblesse hongroise à laquelle il appartient, et n’entreprend que tardivement d’autoriser l’utilisation des langues minoritaires au niveau local, sans parler d’administration autonome. Plus tard, en exil, il rêvera d’une confédération danubienne, entité multiethnique constitués de républiques sœurs.

Après une période de répression suite à l’écrasement de la révolution, un accord est passé en 1867, le fameux Compromis austro-hongrois, qui établit la Double Monarchie, en laissant une large autonomie à la Hongrie en échange de sa loyauté à l’empereur. Ainsi, bien que soumise à l’Autriche, la nation hongroise a prééminence sur les autres nationalités[4]. Kossuth qualifie le Compromis de « fiançailles avec un cadavre » : en liant son destin aux fortunes d’un empire aux bases fragiles[5], la Hongrie va trouver ses intérêts étroitement mêlés avec le maintien d’une situation acquise, alors qu’elle était vingt ans plus tôt à la pointe des avancées démocratiques (les élections de 1848 sont fondées sur le corps électoral le plus large à l’époque). Les politiciens hongrois manœuvrent ainsi pour empêcher un accord similaire avec la Bohême-Moravie, qui aurait diminué l’importance relative de la partie hongroise.

Le Compromis de 1867 est donc conçu pour satisfaire les exigences des magnats autrichiens et hongrois, mais laisse les autres nationalités frustrées dans leur désir d’émancipation, sans parler de la population au sens large, qui ne dispose pas du droit de vote et n’a donc pas de raison d’être solidaire d’un régime dont elle n’a rien à attendre. De fait, la suite des événements donnera raison au jugement de Kossuth. Pour autant, les nombreux bâtiments Art Nouveau à Budapest témoignent de l’opulence passée de cette capitale régionale à cette période, que l’on idéalise volontiers en véritable âge d’or.

Un projet d’Etats-Unis de Grande Autriche, proposé en 1906 par le juriste Aurel Popovici et soutenu par l’archiduc François-Ferdinand, rencontre une hostilité prévisible de la partie hongroise de la Double Monarchie. L’assassinat de son promoteur et le déclenchement de la Première Guerre mondiale enterre la dernière chance de trouver une solution politique à la question des nationalités.

Une paix carthaginoise pour les « barbares des steppes » ?

Au cours de la guerre, l’Autriche-Hongrie, totalement dépassée militairement, se retrouve de plus en plus soumise à la tutelle allemande, et est déjà promise, même en cas de victoire, à une place subalterne dans le projet germanique de Mitteleuropa[6]. Après la révolution d’Octobre qui met fin à la monarchie russe, les empires centraux, épuisés par la guerre et minés par leurs dissensions internes, implosent les uns après les autres. En Hongrie, la révolution des Asters sonne la fin de l’union personnelle avec l’Autriche, et proclame la République populaire hongroise, dirigée par le comte Károlyi[7], à son tour renversé moins d’un an plus tard par la toute aussi éphémère république des conseils de Hongrie, d’inspiration clairement soviétique. Ce sont cinq régimes qui se succèdent entre 1918 et 1920 – quand le traité de Trianon est signé par le royaume de Hongrie, avec à sa tête l’amiral Horthy, porté au pouvoir par les armes franco-roumaines. La réforme agraire est repoussée aux calendes grecques et le pays se retrouve replongé dans une société quasi-féodale. C’est dans ce contexte extrêmement chaotique qu’il faut nous arrêter un instant : comment expliquer que la Hongrie ait subi un traité aux conditions si rigoureuses ?

Instabilité, faiblesse militaire, isolement diplomatique, voire perfidie de Clémenceau dans la création de la « petite Entente » ? Les causes sont naturellement multiples, sans nécessairement s’exclure mutuellement, et leurs importances respectives restent âprement débattues encore aujourd’hui en raison de leurs implications politiques. Il est clair, cependant, que les Hongrois ne sont guère écoutés dans les préparatifs du traité. Sans chercher à trancher, le maintien de la Hongrie dans ses anciennes frontières semblait impossible. Pour inéluctable qu’elle paraisse aujourd’hui, la dislocation de la « grande Hongrie » est un choc dont la nation hongroise ne se remet pas. Pour une élite hongroise qui croyait pouvoir se maintenir sur les minorités, voire les magyariser, c’est un rappel salutaire à la réalité des aspirations nationales. Mais pour les populations qui se retrouvent en dehors des frontières nationales et sujettes à des gouvernements souvent hostiles, l’incompréhension et le sentiment d’injustice sont bien résumés par la formule « Non ! Non ! Jamais ! », tirée d’un poème de jeunesse d’Attila Jozsef.

Population ou territoire ?

L’esprit revanchiste qui anime le régime de Horthy, « amiral sans flotte et régent d’un royaume sans roi », le porte naturellement à se rapprocher des pays de l’Axe, qui cherchent une révision des traités. La stratégie est payante, du moins à court terme : les arbitrages de Vienne (1938 et 1940), dictés par Berlin et Rome, permettent à la Hongrie de récupérer une portion de la Tchécoslovaquie ainsi que la moitié nord de la Transylvanie ; en 1941, la participation à l’invasion de la Yougoslavie permet l’annexion de la Voïvodine. Ces annexions sont émaillées d’exactions contre les minorités ainsi que de déportations de juifs ; par ailleurs, l’entrée des armées hongroises sont souvent mal acceptées par les populations hongroises, mises en porte-à-faux vis-à-vis des autres communautés et qui, derrière la rhétorique patriotique, ne constatent pas d’amélioration notable de leur situation matérielle. A nouveau dans le camp des vaincus en 1945, la Hongrie retrouve ses frontières de 1920, mais contrairement aux populations allemandes, les Hongrois ne font pas l’objet d’expulsions massives. Les projets de « révisions » du traité de Trianon se heurtent à une contradiction entre la simplicité des cartes et la complexité des populations et des équilibres locaux. En déportant les juifs, souvent magyarophones, de certains territoires annexés, la Hongrie de Horthy a fait basculer la majorité linguistique dans le camp opposé. Bien souvent, le souci affiché pour le sort des populations sert de paravent à des ambitions expansionnistes, ou plus platement nationalistes. A une moindre échelle, on note encore aujourd’hui le contraste entre les effusions de bons sentiments pour ces « Magyars d’outre-frontières » et la note de condescendance pour l’accent de ceux originaires de Voïvodine, ou encore dans l’expression « fille transylvanienne » (erdélyi lány), devenue synonyme d’assistante à domicile. Et si le gouvernement Orbán a centré son discours sur ces populations, leur permettant en 2011 d’obtenir la nationalité hongroise, les commémorations utilisent toujours la vignette de la « Grande Hongrie », Croatie comprise !

Un désastre historiographique

Dans la mémoire nationale hongroise, en tout cas sous sa forme exprimée dans la sphère publique et dans les manifestations officielles, le traité de Trianon a pris sa place au panthéon des tragédies nationales, énième avatar de la « malédiction de Turan »[8], entre la défaite de Mohács, l’invasion tatare et le joug soviétique, sans oublier le chaos du libéralisme. La victimisation historique et la hantise de la désunion conduit à une culture politique peu ouverte au débat d’opinion, prompte à débusquer le traître (qu’il soit à la solde de Moscou ou de Soros), et qui contraste avec le haut niveau d’éducation et l’existence de nombreux travaux historiques universitaires de grande qualité.

Trianon a sa journée de commémoration[9], son rock-opéra, et il n’est pas rare d’entendre, encore aujourd’hui, la mauvaise desserte ferroviaire du lac Balaton attribuée aux dispositions du traité limitant à une voie les chemins de fer ! Plus inquiétant, l’irrédentisme, toujours répandu dans la population, si l’on en croit de récents sondages, handicape les efforts vers une diplomatie régionale[10]. La Hongrie n’est pas le seul pays de la région à rester attachée à un âge d’or : Serbie, Bulgarie et même Roumanie ont également en réserve une carte « idéale » de leur pays respectif, des populations hors-frontières, et quelque catastrophe passée qui explique l’embarras de leur situation présente. Pas plus que ses voisins, elle n’est condamnée par l’histoire, et sans doute mérite-t-elle une seconde chance.

[1] István Bibó (trad. du hongrois), Misère des petits États d’Europe de l’Est, Paris, Albin Michel, 1993, 426 p. (première édition L’Harmattan, 1986, épuisée) trad. Georges Kassai. Dans cet ouvrage, l’historien prend en exemple la ville de Genève, située en territoire suisse alors que toute la campagne environnante se trouve en France, sans que cela ne pose le moindre problème.

[2] Lorsque l’impératrice Marie-Thérèse convoque la Diète à Pozsony (actuelle Bratislava) en 1741, les nobles réunis prononcent le serment « vitam et sanguinem » : ils donneront leur vie et leur sang pour l’impératrice. La vie, le sang, mais pas l’argent ! En échange du service militaire, aucun impôt ne sera levé sans leur consentement.

[3] Créé entretemps en 1804, deux ans avant la dissolution du Saint-Empire.

[4] Dans un entretien, le cinéaste hongrois originaire de Transylvanie Miklós Jancso parle à ce sujet du « jeu de maître et de l’esclave ». En servant l’Autriche, la Hongrie soumettait à son tour les autres minorités. Les minorités nationales disposaient certes de certaines libertés linguistiques et culturelles, mais toute autonomie territoriale restait hors de question.

[5] Rappelons que l’accord intervient alors que l’Autriche vient de subir une défaite totale lors de la guerre austro-prussienne.

[6] Ses deux victoires les plus notables, en Roumanie et à Caporetto, sont réalisées sous perfusion allemande. La France, de son côté, assiste les Serbes, les Roumains et plus tard les Polonais.

[7] Preuve que la noblesse hongroise continue de jouer, en ce début de XXe siècle, un rôle de premier plan dans les affaires du pays.

[8] L’idée que la sédentarisation et la christianisation des Magyars aurait causé leur perte. De fait, lorsqu’ils nomadisaient encore au IXe siècle, leurs tactiques d’archers montés étaient redoutées des royaumes occidentaux.

[9] Instaurée en 2010 et intitulée « journée d’union nationale » (nemzeti összetartozás napja).

[10] Avec par exemple le groupe de Visegrad, qui réunit Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie.

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L’indépendance de la Hongrie par Vincent Cipriani

L’INDÉPENDANCE DE LA HONGRIE

Le Royaume de Hongrie naît officiellement en 1001 : Szent István (connu aussi en tant que Saint Étienne) est couronné roi de Hongrie, ce qui marque la naissance d’un État et sa christianisation. Mais encore fallait-il transformer ce territoire, exposé aux menaces ottomane, à la convoitise autrichienne, germanique et russe, en un pays : la Hongrie. Je vais donc retracer cette histoire, marquée surtout par une obsession : l’indépendance, et la liberté.

Jusqu’en 1526, plusieurs rois se sont succédés, issus notamment de la Maison du Luxembourg (dont Zsigmond, Sigismond), des Habsbourg, des Hunyadi, et dans les années 1490, se mettent notamment en place des mesures destinées à poursuivre la lutte contre les Ottomans. En effet, la conquête de l’Europe Centrale par les Turcs a déjà réellement commencé, dès la fin du XIV siècle..

La domination Ottomane

Outragé par une insulte diplomatique, Soliman le Magnifique (1520 – 1566) n’hésita pas à attaquer le faible royaume de Hongrie et lui infligea une lourde défaite sur le champ de Mohács, en 1526. Cette bataille de Mohács est entrée dans l’histoire comme la plus grande tragédie nationale de l’histoire de la Hongrie. À sa suite, la Hongrie a été coupée en trois pendant 150 ans. Au milieu, sur la Grande Plaine, et à Buda, s’installe l’Empire ottoman. La Transylvanie devient principauté vassale de la Sublime Porte qui lui laisse, toutefois, une relative autonomie. Au nord et en Transdanubie occidentale, le royaume subsiste sous la couronne des Habsbourg.

Soliman continue ses conquêtes, notamment sur le territoire du Royaume de Hongrie, jusqu’en 1566, lorsqu’il meurt pendant le siège de l’actuelle ville de Szeged, et les Turcs battent en retraite. La paix est signée en 1568 à Andrinople entre l’empire ottoman et Maximilien II d’Autriche. La Hongrie reste partagée entre l’empereur, la Transylvanie et les Ottomans.

Dans les années 1570, la couronne du Royaume de Hongrie est disputé par deux prétendants : Maximilien II de Habsbourg qui régnait sur la Hongrie royale et Jean-Sigismond Zápolya qui contrôlait l’Est du pays. Le conflit entre les deux hommes aboutit au Traité de Spire, qui donne aux Habsbourg une légitimité sur la Hongrie. (Selon les termes du traité, Maximilien II reconnaît Jean-Sigismond comme « Prince de Transylvanie » et en contre-partie Jean-Sigismond renonce à son titre de roi de Hongrie et reconnaît Maximilien II comme roi de Hongrie et suzerain de sa principauté.)

Dans les années 1680, la reconquête de Buda et du pays approche : la délivrance de Vienne à la bataille de Kahlenberg en 1683 en est la première étape. Buda sera libéré en 1686.

La chrétienté célèbre la libération symbolique de Buda, mais la guerre n’en est pas finie pour autant. Pendant deux décennies, chaque ville, chaque fort doit être repris, jusqu’à ce que les ottomans quittent le pays et signent la paix en 1699.

Le bilan démographique des deux siècles de ravages est assez controversé, mais selon la plupart des historiens, le dépeuplement aurait été proprement catastrophique : une perte sèche d’un million d’habitants.

Alors, tandis qu’à Versailles, Louis XIV est à son apogée, en Hongrie, libérée mais soumise à Vienne, après plus d’un siècle et demi – 173 années exactement – d’occupation ottomane, une nouvelle épreuve attend le pays: une insurrection est sur le point d’éclater.

RÁKÓCZI

L’insurrection du Prince Ràkòczi, futur Ferenc Ràkòczi II, élu roi de Hongrie en 1704, préparée depuis 1700, mise en route en 1703 et terminée en 1711, a sans doute eu pour origine l’absolutisme de Léopold Ier, empereur Habsbourg, ainsi que les exactions de toutes sortes subies par la population.

Ràkòczi compte avant tout sur l’aide de Louis XIV, qui a auparavant appuyé les mouvements des forces armées anti-Habsbourg. Dès 1703, l’alliance avec la France devient la pierre angulaire de la politique de Ràkoczi. Pour la France, prise dans la guerre de Succession d’Espagne (1701-1716), cette insurrection dans le dos des Habsbourg pourrait être une aide précieuse. De fait, Louis XIV accorde à Ràkòczi un subside annuel de 50 000 livres, sur le budget militaire français. En revanche, le roi de France esquive toute possible alliance avec la Hongrie, bien qu’en 1707, à sa demande, Ràkòczi ait fait proclamer la déchéance de la Maison d’Autriche. Il le fait après l’échec de tractations avec l’empereur Habsbourg, tout en étant conscient qu’il ne pouvait pas compter sur l’appui militaire de la France. Malgré ce constat, Ràkòczi poursuit la guerre des années durant, jusqu’en 1711, et garde toute son estime pour Louis XIV, qui le lui rendra même au-delà de l’insurrection : le prince exilé sera bien reçu à Versailles.

Ràkòczi indique avoir pris la direction de l’insurrection par la volonté de Dieu, et par « le désir de la Liberté dans les cœurs de la Jeunesse » et pour « apprendre aux Rois de la Maison d’Autriche que la Nation Hongroise ne pouvait être conduite par une crainte servile, mais qu’elle supportait volontiers le joug de l’amour paternel ».

Pour comble de malheurs pour Ràkòczi, Louis XIV fait connaître en 1709 son intention de conclure la paix avec les Habsbourg. L’empereur Joseph Ier, qui cherche la réconciliation avec les Hongrois, accorde en 1711 l’amnistie totale : en un mot, le rééquilibrage des intérêts à tous les échelons. L’insurrection du Prince Ràkòczi peut alors être vue comme une cause perdue… Certains historiens affirment que Ràkòczi a été le plus naïf, et Louis XIV le plus calculateur.

Révolution fin XVIII

Surestimée ou non, l’influence des Lumières et de la Révolution n’a pas été négligeable en Hongrie : une petite minorité de l’opinion publique a été séduite par la Révolution. (On retrouve beaucoup d’écrits véhiculant des idées révolutionnaires : par exemple, le poète républicain Batsànyi Jànos avait salué les « revirements en France » dans un poème violemment anti-féodal :

« Et vous, bourreaux de serf, vous dont la raison d’être

Est de faite couler le sang dans vos pays,

Ouvrez plutôt les yeux, vous verrez apparaître,

Le destin que pour vous on écrit à Paris. »)

En réalité, la conspiration jacobine se fera pas en Hongrie.

Jusqu’au congrès de Vienne de 1815, la politique extérieure de l’Autriche et de son ambassadeur à Paris, Metternich, cherche avant tout à endiguer la France pour préserver les royaumes et provinces des Habsbourg. L’Autriche subit défaite après défaite : elle a perdu ses possessions en Italie, en Allemagne, puis en Croatie et jusqu’en Galicie, et elle sort perdante de toutes les batailles importantes : Ulm, Austerlitz, Wagram… La Hongrie contribue aux efforts de guerre autrichiens, et s’insurge contre l’empereur des Français, qui aurait pourtant voulu, sans succès, retourner les Hongrois contre Vienne. Dans une proclamation, Napoléon exhorte les Hongrois à recouvrer leur indépendance nationale, faisant appel à leurs « illustre et ancienne origine », à leur Constitution et à leurs libertés – au pluriel. Il leur promet aussi « la paix éternelle, des relations de commerce et une indépendance assurée ». En un mot, le rétablissement de la vieille Hongrie de la nation nobiliaire.

La vague révolutionnaire balaye l’Europe en 1848 : c’est le « printemps des peuples ». Après Palermo et Napoli, la révolution éclate à Paris le 23 février. Le 13 mars, l’Autriche entre dans la tourmente : la révolution viennoise chasse Metternich du pouvoir et contraint l’empereur Ferdinand V à promettre à l’Autriche liberté de presse et Constitution. L’Italie et l’Allemagne ne tardent pas à s’enflammer, mais plus directement, ce sont les révolutions parisiennes et viennoises qui mettent le feu aux poudres en Hongrie. Toutefois, la révolution hongroise se déroule sans effusion de sang ; c’est une « révolution légale ».

Les principaux acteurs de cette révolution furent Kossuth Lajos, journaliste, et président-gouverneur de Hongrie ; István Széchényi, fondateur du Musée national et de la Bibliothèque nationale qui porte son nom, il était à la fois admiré par Kossuth et était son adversaire, et fut surnommé « le plus grand des hongrois ». L’échec de la guerre d’indépendance le plongea dans une dépression. Il fut hanté par l’idée du dépérissement de la nation, et fut interné à un asile.

Porté par l’enthousiasme de quelques groupes de jeunes intellectuels, la « révolution romantique » du peuple de Pest marque de son empreinte 6 mois de transformations politiques révolutionnaires ainsi que la guerre de libération nationale qui s’ensuivra de septembre 1848 à août 1849.

Le 14 mars, les jeunes de Pest passent à l’action. Le poète Petöfi Sàndor, âgé de 25 ans, rédige alors le célèbre et flamboyant Nemzeti dal (Chant national), et le clameà l’issue de manifestations devant le Musée national Hongrois.

Talpra magyar, hí a haza!
Itt az idő, most vagy soha!
Rabok legyünk, vagy szabadok?
Ez a kérdés, válasszatok! –
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!

Rabok voltunk mostanáig,
Kárhozottak ősapáink,
Kik szabadon éltek-haltak,
Szolgaföldben nem nyughatnak.
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!

Sehonnai bitang ember,
Ki most, ha kell, halni nem mer,
Kinek drágább rongy élete,
Mint a haza becsülete.
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!

Fényesebb a láncnál a kard,
Jobban ékesíti a kart,
És mi mégis láncot hordunk!
Ide veled, régi kardunk!
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!

A magyar név megint szép lesz,
Méltó régi nagy hiréhez;
Mit rákentek a századok,
Lemossuk a gyalázatot!
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!

Hol sírjaink domborulnak,
Unokáink leborulnak,
És áldó imádság mellett
Mondják el szent neveinket.
A magyarok istenére
Esküszünk,
Esküszünk, hogy rabok tovább
Nem leszünk!
Debout, Hongrois, la patrie nous appelle !
C’est l’heure : à présent ou jamais !
Serons-nous esclaves ou libres ?
Voilà le seul choix : décidez !
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Jusqu’à présent, esclaves nous le fûmes
Et nos ancêtres sont damnés :
Qui libre vécut et mourut,
Ne peut dormir en terre serve.
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Homme de rien, celui qui n’ose pas
Risquer la mort quand il le faut,
À qui sa pauvre vie importe
Plus que l’honneur de la patrie.
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Plus éclatant la sabre que les chaînes
Et il orne bien mieux le bras !
Et pourtant nous portons des chaînes.
Nos vieux sabres, rendez-les nous !
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Hongrois, ce nom sera beau de nouveau,
Digne de son renom d’antan.
Nous le laverons de la honte
Dont les siècles l’ont recouvert.
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Là où plus tard s’élèveront nos tombes
Nos petits-fils s’inclineront
Et récitant une prière
Ils rediront nos noms sacrés.
De par le dieu des Hongrois nous jurons,
Oui, nous jurons,
Que jamais plus esclaves
Nous ne serons !

Le lendemain, les jeunes révolutionnaires, escortés par une foule grandissante, font imprimer ce poème et les « 12 points », sans l’autorisation de la censure. Les « 12 points », résumé de la politique de Kossuth, expriment la volonté de la nation : liberté de presse, suppression de la censure, ministère responsable et Assemblée nationale à Budapest, égalité de droits civiques et religieuse, contribution égale de tous aux charges publiques, suppression des redevances seigneuriales, Banque nationale, forces armées nationales, libération des prisonniers politiques, réformes judiciaires, union avec la Transylvanie.

Les principales revendications nationales ont obtenu gain de cause : cela équivaut à la victoire d’une révolution en toute légalité. L’Autriche accepte donc la formation du Gouvernement Hongrois, sous la présidence du Comte Batthyàny Lajos, et dont le cabinet comprend notamment Deàk Ferenc, Kossuth et Széchényi.

Cela dit, peu à peu, le gouvernement autrichien tente de revenir sur les concessions politiques accordées alors qu’il se trouvait en position de faiblesse, et encourage le séparatisme Croate, ainsi que les autres mouvements des nationalités à l’intérieur de la Hongrie, afin de l’affaiblir. Face aux dangers, le gouvernement de Buda-Pest accélère de son côté les préparatifs de guerre : il organise l’armée nationale qui sera connue sous le nom de Honvédség (=armée de défense de la partie) ; la guerre éclata le 11 septembre 1848.

Le 13 avril 1849, Kossuth porte devant l’Assemblée nationale, réunie à huis-clos, la déclaration d’indépendance de l’État Hongrois et la proclamation de la déchéance de la Maison Habsbourg-Lorraine, accusée de parjure et de perfidie. La loi est votée à l’unanimité, et Kossuth est élu président-gouverneur.

1849-1919

Pendant 70 ans, la Hongrie sera liée à l’Autriche plus étroitement qu’elle ne l’a jamais été. Au fur et à mesure de son affaiblissement sur la scène internationale, l’empereur François-Joseph évolue vers le compromis de 1867, qui crée la double monarchie Austro-hongroise. Cela crée un système d’État totalement neuf composé de deux unités constitutionnellement distinctes, mais unies sous le sceptre du souverain et comprenant des institutions gouvernementales communes pour certains domaines. Malgré certaines réactions hostiles, la classe politique et l’opinion hongroise trouvent pourtant dans le compromis davantage de satisfaction que de frustration. (mais ça n’a pas profité aux petites minorités nationales).

Lorsque le 28 juin 1914 Gavrilo Princip assassine François-Ferdinand, aucune des deux puissances ne se doute encore des conséquences de cet acte ; la Première guerre mondiale eut pour conséquence la fin de l’Empire et la séparation des deux États.

Le traité de Trianon (1920)

À la suite de la Première Guerre mondiale, le traité de Trianon a imposé à la Hongrie des conditions plus draconiennes qu’à l’Allemagne.

Trianon est parfois perçu de nos jours comme un traumatisme en Hongrie, et beaucoup de Hongrois considèrent encore ce traité comme un inique diktat. En effet, lors de la signature du traité, la Hongrie était dépourvue d’avocats pour défendre leur cause, et les 14 points de Wilson n’ont pas été respectés, voire faussés ; les revendications les plus extrêmes des petites minorités ont été prises en compte, sans considérer le droit des Magyar à disposer d’eux-mêmes. => La Hongrie perd ainsi les deux tiers de son territoire, passant de 330 000km2 avant la guerre à 90 000 km2 après la signature du traité. Le pays perd aussi son accès à la mer via la Croatie ; elle perd, de plus, la totalité de ses mines d’or, d’argent, de mercure, de cuivre et de sel, cinq de ses dix villes les plus peuplées et 65 % des forêts, ses voies ferrés, ses usines, ses canaux, ses minerais des fer, ses institutions bancaires et ses terres cultivables. Le traité a également pour conséquence de faire passer 3,3 millions de Hongrois sous domination étrangère.

Le 1er mars 1920, la république est abolie et la monarchie est rétablie, mais le roi Habsbourg n’est pas rappelé car on élit, pour le remplacer, un régent, Miklós Horthy. Le 5 novembre 1920, une loi proclame la déchéance définitive des Habsbourg, tout en conservant la monarchie comme forme officielle de gouvernement : la Hongrie devient donc un royaume sans monarque (d’où le titre de régent), conformément aux souhaits des Alliés.

Horthy s’allie avec l’Allemagne nazie dans les années 1930, dans l’espoir de revenir sur les pertes territoriales qui ont suivi la Première Guerre mondiale. La Hongrie est récompensée par Hitler par des territoires appartenant à la Tchécoslovaquie, à la Yougoslavie et à la Roumanie. Cependant, en octobre 1944, alarmé par le retour de la Roumanie dans le camp allié, Hitler remplace Horthy par le collaborateur hongrois Szálasi Ferenc, afin d’éviter que la Hongrie ne rejoigne elle aussi les Alliés, et la Hongrie est alors occupée par les Allemands.

La domination soviétique (1945-1990)

Après l’occupation allemande, la Hongrie tombe sous la « juridiction » de Staline, comme bon nombre de pays qui ont constitué le bloc de l’Est.

Le 23 octobre 1956, le peuple hongrois se soulève en une insurrection nationale. Une foule se réunit sous la statue de Petöfi, et un écrivain prend la parole et récite le poème de Petöfi Sàndor, Hajrà Magyarok !, qui avait donné le signal de la révolution de 1848. La foule est informée des revendications rédigées en 12 points, exactement comme du temps de Kossuth et Petöfi, parmi lesquels : l’indépendance nationale, le retrait des Russes, la tenue d’élections libres, Imre Nagy au pouvoir. Mais le pouvoir communiste interdit la manifestation, sans céder aux appels à la raison. Le cortège des manifestants grossit à chaque carrefour, traverse les villes, les ponts : on peut évaluer le nombre de manifestants à 300 000 (à l’échelle de Paris cela ferait 1,5 millions de protestataires) : c’est le début d’un soulèvement national. Pour la première fois dans un système communiste, une révolution est en cours pour en finir avec le régime.

Les Hongrois ont eu l’illusion de vivre en liberté pendant 150 heures, au soir du 28 octobre jusqu’à l’aube du 4 novembre 1956, aux premiers coups de cannon russes.

Le 4 novembre, des élections libres auraient dû avoir lieu, mais au petit matin, 2000 chars russes de l’Armée rouge envahissent le pays, dans « l’intention de renverser le gouvernement légal », comme le déclare le président du Conseil Hongrois lors de sa dernière allocution à la radio.

L’année 1989 reste mémorable, car tout l’ancien système communiste s’est écroulé.

Le 23 octobre 1989, une manifestation regroupant plus de 100 000 personnes réclame le droit de célébrer l’insurrection de 1956. La foule brandit le drapeau officiel hongrois — rouge, blanc, vert — mais dont les insignes communistes ont été soigneusement découpées. Il y eut l’annonce officielle du changement du nom du pays qui devient la République de Hongrie. L’adjectif « populaire » est abandonné, symboliquement, le jour de l’anniversaire de l’insurrection de 1956. Le président de l’Assemblée déclare : « Après tant d’années ce peuple mérite un peu de bonheur et d’abondance ». En 1990, on assiste aux premières élections libres, et en avril 1991, l’URSS accepte de retirer ses troupes de Hongrie.

Et enfin, la Hongrie est devenu un vrai pays, indépendant, libre, mais rappelons que l’histoire d’un pays n’a pas de conclusion, elle continue.

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Kis budapesti séta

Egy kis budapesti sétára hívlak meg benneteket.

Időtartam: 2-3 óra (+ múzeum látogatás)

Nehézségi fok: könnyű

térkép

A séta térkepe
A séta térképe
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Budai Várnegyed és Gellért-hegy a Lánchíd pesti oldalárol nézve
Budai Várnegyed és Gellért-hegy a Lánchíd pesti oldalárol nézve

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Duna a Lánchídról nézve
Duna a Lánchídról nézve

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Budai Várnegyed a Lánchídról nézve
Budai Várnegyed a Lánchídról nézve

A budai várnegyedet 1243-tól kezték el építeni.

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A Lánchíd két oroszlánja
A Lánchíd két oroszlánja

A Lánchidat 1849-ben építették fel először Széchenyi István gróf kezdeményezésére. De a második világháború közben lebombázták, úghogy 1949-ben újraépítették.

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A Lánchíd oroszlánja közelről
A Lánchíd oroszlánja közelről

A Lánchíd oroszlánjainak nincs nyelve. A legenda szerint, amikor ezt észrevette az építész, belevetette magát a Dunába.

A vár meletti Dísztéren nagyon finom fagyit lehet enni.

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Sándor-palota és két őre
A Sándor-palota és két őre

1803 és 1805 között építették. Ma a magyar köztársassági elnök rezidenciája. Nem csak az angoloknak van őrük!

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Ilyen katonák lovagolnak a Várnegyedben.

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Magyar Nemzeti Galéria
Magyar Nemzeti Galéria

A Magyar Nemzeti Galériában 1957 óta a régi magyar gyűjtemény (1800 előtti magyarországi műtárgyak) és a XIX.-XX. századi gyűjtemény (1800-1945) láthatók.

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A Halászbástyáról szép kilátás
A Halászbástyáról szép a kilátás

A Halászbástyáról szép kilátás nyílik a Margit-hídra, a Margitszigetre és a Parlamentre.

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Mátyás-templom
Mátyás-templom

A Halászbástya mellett található a Mátyás-templom, amit Nagyboldogasszony templomnak is hívnak. 1255-ben építették gótikus stilusban, de többször újraépítették, így már neogótikus stilusú.

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A Várnegyedből jól látható a Parlament.
A Várnegyedből jól látható a Parlament.

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Központi Vásárcsarnok
Központi Vásárcsarnok

A Központi Vásárcsarnok a 9. kerületben látható. Elöször 1897-ben építették de a második világháború közben ezt is lebombázták így 1994 újjáépítették.

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Szabadság híd
Szabadság híd

A Szabadság-hidat 1896-ban építették de ezt is újra kellett épiteni 1946-ban. 2009-ben felújitották.

Kellemes sétát kívánok!

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Lettre de Jacques Decour traduit vers le hongrois par Fanny Ludowicz 2

La dernière lettre de Jacques-DECOUR Samedi 30 mai 1942-6h45

Mes chers parents,

Vous attendiez depuis longtemps une lettre de moi. Vous ne pensiez pas recevoir celle-ci. Moi aussi, j’espérais bien ne pas vous faire ce chagrin. Dites-vous bien que je suis resté jusqu’au bout digne de vous, de notre pays que nous aimons.

Voyez-vous, j’aurais très bien pu mourir à la guerre, ou bien même dans le bombardement de cette nuit. Aussi je ne regrette pas d’avoir donné un sens à cette fin. Vous savez bien que je n’ai commis aucun crime, vous n’avez pas à rougir de moi. J’ai su faire mon devoir de français. Je ne pense pas que ma mort soit une catastrophe ; songez qu’en ce moment des milliers de soldats de tous les pays meurent chaque jour, entraînés dans un grand vent qui m’emporte aussi.

Vous savez que je m’attendais depuis deux mois à ce qui m’arrive ce matin, aussi ai-je eu le temps de m’y préparer, mais comme je n’ai pas de religion, je n’ai pas sombré dans la méditation de la mort ; je me considère un peu comme une feuille qui tombe de l’arbre pour faire du terreau.

La qualité du terreau dépendra de celle des feuilles. Je veux parler de la jeunesse française, en qui je mets tout mon espoir.            

Mes parents chéris, je serai sans doute à Suresnes ; vous pouvez si vous le désirez demander mon transfert à Montmartre.

Il faut me pardonner de vous faire ce chagrin. Mon seul souci depuis trois mois a été votre inquiétude. En ce moment, c’est de vous laisser ainsi sans votre fils qui vous a causé plus de peines que de joies. Voyez-vous, il est content tout de même de la vie qu’il a vécue qui a été bien belle.

J’ai beaucoup imaginé, ces derniers temps, les bons repas que nous ferions quand je serai libéré – vous les ferez sans moi, en famille, mais pas tristement, je vous en prie.

Je ne veux pas que votre pensée s’arrête aux belles choses qui auraient pu m’arriver, mais à toutes celles que nous avons réellement vécues. J’ai refait pendant ces deux mois d’isolement, sans lecture, tous mes voyages, toutes mes expériences…. j’ai même fait un plan de roman. Votre pensée ne m’a pas quitté, et je souhaite que vous ayez, s’il fallait, beaucoup de patience et de courage, surtout pas de rancœur.

Dites toute mon affection à mes sœurs, à l’infatigable Denise qui s’est tant dévouée pour moi, et à la jolie maman de Michel et de Denis.

Je vais écrire un mot pour Brigitte à la fin de cette lettre, vous le lui recopierez. Dieu sait si j’ai pensé à elle. Elle n’a pas vu son papa depuis deux ans.

Si vous en avez l’occasion, faites dire à mes élèves de Première, par mon remplaçant que j’ai bien pensé à la dernière scène d’Egmont….

Toutes mes amitiés à mes collègues et à l’ami pour qui j’ai traduit Goethe sans trahir.

Il est huit heures, il va être temps de partir.

J’ai mangé, fumé, bu du café. Je ne vois plus d’affaires à régler.

Mes parents chéris, je vous embrasse de tout cœur. Je suis près de vous et votre pensée ne me quitte pas.

Votre Daniel.

Jacques Decour utolsó levele             
1942, május 30. szombat 6 óra 45

Drága szüleim!

Régóta vártátok, hogy írjak. Nem gondoltátok volna, hogy ezt a levelet fogjátok megkapni. Én is reméltem, hogy nem fogok ilyen bánatot okozni nektek. Tudnotok kell, hogy végig méltó maradtam hozzátok és szeretett országunkhoz.

Hiszen meg is halhattam volna a háborúban vagy akár a ma éjszakai bombázásban. Tehát nem sajnálom, hogy értelmet adtam ennek a végnek. Tudjátok jól, hogy semmi bűncselekményt nem követtem el, nem kell pirulnotok miattam, kötelességemnek, mint francia, eleget tettem. Nem hinném, hogy halálom katasztrófa lenne. Gondoljatok arra, hogy most naponta halnak meg katonák ezrei a világ minden országából, elfújja őket a szél és engemet is.

Tudjátok, már két hónapja számítok arra, ami ma reggel bekövetkezik. Így hát fel tudtam rá készülni, de mivel nem vagyok vallásos, nem kezdtem el meditálni a halálon. Úgy tekintek magamra mint egy levélre amely lehullik a fáról, hogy elmúljon a földben.

A talaj minősége a levelekétől függ: a francia ifjúságról beszélek, mert bele fektettem a reményemet.


Drága szüleim, valószínűleg Suresnes-ben leszek; ha akarjátok, megkérhetitek, hogy vigyenek át a Montmartre-ra.

Bocsássatok meg, hogy szomorúságot okozok nektek. Három hónapja csak az bánt, hogy aggódtok miattam. Most már pedig az, hogy itt maradtok a fiatok nélkül, aki több fájdalmat okozott nektek mint örömet. Tudjátok, boldog életet élt.


Az utóbbi időben gyakran elképzeltem a finom vacsorákat, amiket a szabadulásom után költöttünk volna el. Kérlek titeket, költsétek el őket nélkülem, családostul, de szomorúság nélkül.

Nem akarom, hogy gondolataitok azokon a szép dolgokon járjanak, amik történhettek volna velem, inkább emlékezzetek arra amit tényleg átéltünk. E két hónap egyedüllét alatt, olvasnivaló nélkül, újra átéltem az összes utazásomat, élményeimet… még egy regény vázlatot is írtam. Végig rátok gondoltam, és azt kívánom, hogy türelmesek és, ha kell, bátrak legyetek, főleg ne haragudjatok.


Mondjátok meg nővéreimnek, a fáradhatatlan Denise-nek, aki oly sokat tett értem, valamint Michelin és Denis szép anyukájának, hogy szeretem őket.

A levél végére írok majd pár szót Brigitte-nek, majd lemásoljátok neki. Két éve nem látta az apukáját.


Ha mód van rá, adjátok át a tizenegyedikes tanítványaimnak, a helyettes által, hogy sokat gondoltam az Egmont utolsó jelenetére…

Üdvözlöm a kollégáimat és azt a barátomat akinek lefordítottam Goethét anélkül, hogy elárultam volna.

Nyolc óra van, hamarosan mennem kell.


Ettem, cigarettáztam, kávéztam. Úgy látom hogy mindent elvégeztem.

Édes szüleim, csókollak titeket. Mellettetek állok, és gondolatban mindig veletek maradok.

Fiatok, Dániel

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Párisban járt az Ősz (Ady Endre et traduction de Eugène Guillevic)

Párisba tegnap beszökött az Ősz.
Szent Mihály útján suhant nesztelen,
Kánikulában, halk lombok alatt
S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé
S égtek lelkemben kis rőzse-dalok:
Füstösek, furcsák, búsak, bíborak,
Arról, hogy meghalok.

Elért az Ősz és súgott valamit,
Szent Mihály útja beleremegett,
Züm, züm: röpködtek végig az uton
Tréfás falevelek.

Egy perc: a Nyár meg sem hőkölt belé
S Párisból az Ősz kacagva szaladt.
Itt járt s hogy itt járt, én tudom csupán
Nyögő lombok alatt.


L’automne est passé par Paris

Hier, à Paris, l’automne s’est glissé sans bruit.
Il descendait la rue offerte à saint Michel
Et, sous les arbres qui dormaient dans la chaleur,
Il est venu vers moi.

M’en allant à pas lents j’approchais de la Seine.
Dans mon âme chantait le feu dans du bois mort
Et la chanson était étrange, pourpre, grave
Et parlait de ma mort.

L’automne m’a rejoint. Il a dit quelque chose
Et le Boulevard Saint-Michel a frissonné.
Tout le long du chemin des feuilles guillerettes
S’amusaient à danser.

Ce ne fut qu’un instant. L’été n’a pas bronché
Et l’automne en riant quittait déjà Paris.
Il est passé. Je suis seul à le savoir
Sous les arbres pesants.

(Eugène Guillevic fordítása)

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Cantata Profana, Bartók Béla : szöveg, fordítás, és megjegyzés traduit vers le français par Alexandre Cipriani

A Cantata Profana egy Bartók zenei kompozíciója.

Szöveg

Volt egy öregapó,
Volt néki, volt néki
Kilenc szép szál fia,
Testébõl sarjadzott
Szép szál kilenc fia.
Nem nevelte õket
Semmi mesterségre,
Szántásra-vetésre,
Ménesterelésre,
Csordaterelésre;
Hanem csak nevelte
Hegyet-völgyet járni,
Szarvasra vadászni.

Az erdõket járta, hej-haj!
És vadra vadászott, hej!
Kilenc szép szál fiú.
A vadra vadásztak;
Annyit barangoltak,
És addig vadásztak,
Addig-addig, mígnem
Szép hídra találtak,
Csodaszarvasnyomra.
Addig nyomozgattak,
Utat tévesztettek,
Erdõ sûrûjében
Szarvasokká lettek;
Karcsú szarvasokká váltak
Erdõ sûrûjében.

Hej, de az õ édes apjok
Várással nem gyõzte,
Fogta a puskáját,
Elindult keresni
Kilenc szép szál fiát.
Reátalált a szép hídra,
Hídnál csodaszarvasnyomra;
Szarvasnyom után elindult,
El is jutott hûs forráshoz,
Hûs forrásnál szarvasokhoz,
Féltérdre ereszkedett,
Hej, egyre rá is célzott.

De a legnagyobbik szarvas
- Jaj, a legkedvesebb fiú -
Szóval imígy felfelele:
"Kedves édes apánk,
Ránk te sose célozz!
Mert téged mi tûzünk
A szarvunk hegyére,
És úgy hajigálunk
Téged rétrõl rétre,
Téged kõrõl kõre,
Téged hegyrõl-hegyre,
S téged hozzávágunk
Éles kõsziklához:
Ízzé-porrá zúzódsz
Kedves édes apánk!

Fordítás

Il y avait un vieux père
Il avait, il avait
Neuf grands beaux garçons
Engendrés de son corps
Neuf grands beaux garçons
Jamais il ne leur apprit
Aucun métier
Ni agriculteur,
Ni éleveur de chevaux,
Ni éleveur de bœufs
La seule chose qu’il leur enseigna
Ce fut d’aller, de colline en colline,
Chasser le gibier

Ils parcouraient les forêts, ehi ahi !
Et chassaient des animaux sauvages, ehi !
Neufs grands beaux garçons ; quant à eux
Ils chassèrent le gibier
Ils erraient si longtemps
Il chassèrent tant
Jusqu’au moment où
Ils trouvèrent un joli pont
Et des traces de cerf magique
Les suivant,
Ils s’égarèrent
Dans la forêt profonde
Jusqu’à ce qu’ils se transformassent eux-mêmes en cerfs
Qu’ils devinssent des cerfs sveltes
Dans la forêt profonde

Eh ! Mais leur très cher père
Ayant perdu toute patience
Saisit son fusil
Partit chercher
Ses neufs grands beaux garçons
À son tour, il trouva le beau pont
Sur lequel figuraient des empreintes de cerf.
Il se met sur la piste de ces traces
Il arriva à une source fraîche
Et aboutit aux cerfs Une fois agenouillé,
Il en visa un.

Mais le plus grand cerf
– Ah ! Son fils préféré –
Lui tint ces paroles:
« Mon papa chéri,
Jamais plus ne nous vise,
Parce que dans ce cas
Nous t’encornerions
Et nous te balancerions
De pré en pré
De pierre en pierre
De montagne en montagne
Nous te projetterions
Sur un rocher tranchant
Où tu serais réduit en poussière
Mon papa chéri

Megjegyzés

Kiegészítendő

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